Tous Pour Tounfite Ay Ait Tounfite

              تــــــونـــــفــــــــيــــــــت الـــــــــتــــاريـــــــــخ الدي لــــــــــــــن ينســـــــــــى

 

 Les cigognes à Tounfite.

Le vieux Moha Ou Bassou des Ait Ali Ou Brahim m’a dit qu’autrefois les cigognes venaient en grand nombre à Tounfite, mais chaque année leur nombre a diminué. Aujourd’hui, deux seulement reviennent au pays pendant l’été. Elles n’ont qu’un nid. Les gens ne savent pas pour quelle raison elles ont quitté ce pays.
Un jour de l’hiver dernier un vent terrible fit tomber leur nid qui était sur un arbre devant la boucherie. Comme les gens de Tounfite aiment beaucoup les cigognes, les bouchers remirent le nid sur l’arbre, mais pas comme il était la première fois. Les cigognes reconstruisirent un nouveau nid au Ksar des Ait Abdi. Mais cet hiver, quelqu’un a coupé l’arbre, et à leur retour le 21 Janvier, elles ont repris leur premier nid du grand Ksar…
Voici ce qu’on raconte à Tounfite sur les cigognes :
Il était une fois une femme qui trayait sa vache près de la mosquée où des chérifs tolbas faisaient leur prière. Le diable les poussa à se baigner dans du lait. Ils en demandèrent à la brave femme.
La religion défend de gaspiller le lait.
Le matin, de bonne heure, les gens du pays les cherchèrent mais ils ne trouvèrent que des oiseaux qu’ils n’avaient jamais vus. Les gens comprirent que c’étaient les chérifs tolbas qui avaient commis la faute et que Dieu avait punis en les changeant en oiseaux. Ils appelèrent ces oiseaux les cigognes (bellarj). Depuis ce temps là, elles restent dans le pays pendant l’été, tandis qu’au premier jour de l’automne, elles partent vers des pays chauds inconnus. Là, elles reprennent leur forme humaine qu’elles gardent une partie de l’hiver.

Texte écrit par Moulay Driss, élève à l'école de Tounfite en 1953 – « Tiré d’un opuscule rédigé par des élèves des écoles musulmanes de la région de Meknès »

Je tiens à remercier vivement mon grand ami Maxime Rousselle Ex Médecin à Tounfite et à Itzer pour l’envoi du livret intitulé ( la cigogne dans le folklore marocain ) d'où est tiré ce texte.

 

Les Ait Yafelmane.

Les Ait Yafelmane : " ceux qui ont trouvé la paix " est une confédération ancienne groupant essentiellement les tribus berbères Sanhaja : les Ait Izdeg, les Ait Meghad, les Ait Hdidou et les Ait Yahya. Ils parlent le berbère du Maroc central « le tamazight ».
Les Ait Yafelmane vivaient avant le VXI siècle au sud du Haut Atlas Oriental, dans le Todgha, le Ghriss, le Dadès, l’Imedghass et le Haut Ziz.
A partir du XVI siècle ils ont dépassé les cols de Jbel El Ayachi et de Jbel Maaskar pour occuper le vaste pays qu’ils habitent aujourd’hui et que M.Peyron a limitécomme suit : « tout le Haut Atlas entre Tounfite, Midelt et le Tizi N’Telghoumt au Nord, et Msemrir, guélmima, Errachidia et Boudnib, au Sud ; avec comme ligne de démarcation, à l’est de la vallée de l’Oued Ait Aissa, et à l’Ouest le cours supérieur de l’Oued El Abid, l’Assif Melloul et le Dadès. ».
Ce vaste territoire est, par conséquent, en contact direct avec les Ait Atta au Sud-Ouest, Ait Soukhmanà l’Ouest, Ait Myeld au Nord, Ait Youssi et Ait El Haj au Nord Est et Ait Saghrouchen à l’Est .
Les pays Ait Yafelmane est une zone montagneuse où Jbel El Ayachi culmine à 3737 mètres.



Fondation de l’alliance Ait Yafelman
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Les Ait Izdeg, Ait Merghad, Ait Hdidou et les Ait Yahya signaient en 1645-1646, dans la Zaouia d’Assoul, un pacte de l’Entente Ait Yafelmane. Il s’agit d’une alliance par laquelle les tribus suscitées accordaient la protection aux Chorfas d’Assoul descendants de Sidi Bouyaacoub.
Ce document, selon Laarbi Mezzine, donne les Ait Izdeg en tête de liste de tribus de cette confédération.
En plus de quatre tribus berbères, d’autres tribus arabes s’ordonnaient dans l’entente Ait Yafelmane. Il s’agit de Sebbah, Sfalat et Lghurfa du Tafilalt.
Dr Mouhib Mohamed